Innocenti de Tomaso Turbo

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Innocenti de Tomaso Turbo
1983 – 1989

Le torchon brûle entre Innocenti et British Leyland ? C’est ce que l’on pourrait croire puisque le groupe britannique, alors pas au mieux de sa forme, décide de ne plus fournir son moteur 4 cylindres à la petite firme italienne. En réalité, depuis le rachat d’ Innocenti par Alejandro de Tomaso en 1975, les relations anglo-italiennes ne sont pas au beau fixe. Après que notre italo-argentin, également présent sur le segment des GT avec sa propre marque et également Maserati, ait dopé les Innocenti 90/120 en leur offrant le moteur des Mini Cooper 1275 cm3 de 80 ch, il lui faut donc trouver une autre mécanique courant 82. Mais il avait déjà tout prévu en homme avisé et va profiter de l’envie d’un constructeur japonais d’être présent en Europe et de se faire connaître. En effet, c’est donc avec Daihatsu qu’il va passer un accord de coopération et de fourniture de moteurs.

Textes : ALIS Webzine – Photos : D.R.




>MELANGE DES MARQUES !
La précédente Innocenti de Tomaso, oeuvre du crayon de la Carrozzeria Bertone était déjà habillée de la panoplie de la parfaite sportive aguerrie. La version turbo poursuit cette tradition avec quelques modifications de détails. D’emblée elle profite du léger facellift opéré sur la gamme 90/120, mais reçoit également un nouveau capot permettant d’accueillir son nouveau cœur japonais. Les optiques avant sont donc légèrement plus bombés et non plus légèrement concaves, de même pour l’arrière qui ne sont plus plats, tandis qu’un bandeau rouge interfeux revendique fièrement l’appellation « TURBO ». Toujours au programme on retrouve des extensions d’ailes en plastique noir mat, des jantes alu de 13 pouces, des feux additionnels encastrés dans le bouclier avant et quelques aérations indispensables pour cette bouillante mécanique. A noter que côté logos et inscriptions c’est un peu la foire d’empoigne ! On retrouve les logos de Tomaso ainsi que les inscriptions avec des lettrages Innocenti et turbo !

>INTERIEUR CHIC ET SPORT
L’habitacle des Innocenti 90/120 se distinguait par une élégance toute italienne à la présentation chaleureuse et un équipement fourni. La version sportive n’échappe pas à cette règle. La sellerie est désormais d’une seule couleur tandis que la planche de bord, si elle reste simple dans son dessin et très carrée , adopte de multiples accessoires sportifs. On notera ainsi le volant trois branches et des fonds de compteurs bleus du plus bel effet. Le compte-tours présente la particularité d’avoir la zone rouge en haut au milieu du cadran avec l’aiguille qui grimpe dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Comme dans les voitures de courses ! Certainement la volonté du « chef » qui s’est souvenu de son engagement inconditionnel en compétition notamment comme constructeur avec Franck Williams en F1. L’équipement de série pour l’époque est très impressionnant, surtout dans ce segment de véhicule urbain : montre digitale avec chronomètre (!), avertisseur sonore deux tons, lève-vitres électriques avant et vitre arrière pivotantes, commande d’ouverture intérieure de coffre, banquette arrière fractionnable, rétro extérieur conducteur réglable de l’intérieur, vitres teintées… Dans le détail qui tue, le pare-soleil conducteur intégrant un disque de stationnement !

>LE JAPON AUX COMMANDES
C’est Daihatsu qui va profiter de la dispute du ténébreux italo-argentin avec la BMC en mauvaise santé. L’Innocenti de Tomaso Turbo va donc pouvoir profiter du plus petit moteur du marché turbocompressé en Europe. Avec son petit 3 cylindres en ligne, gavé par son carburateur son turbo japonais IHI souffle son regain de puissance mais de manière très progressive rendant la conduite très agréable. Sa boîte 5 rapports mécanique apporte un étaglement idéal permettant ainsi de belles relances et une vivacité très intéressante surtout en zone urbaine. Par rapport à l’antique moteur de la Mini Cooper qui équipait l’Innocenti de Tomaso (Cf. encadré) la puissance a légèrement diminué à 72 ch à 5 700 tr/mn mais le couple est présent plus bas (9,7 à 4 400 tr/mn). Sans compter sur le rapport ch/litre très intéressant de la mécanique japonaise qui lui donne un surcroît d’âme sportive. Ce moteur était moderne avec un bloc en fonte mais une culasse en alliage et un arbre à cames en tête. Ses performances sont très bonnes rapportées à la cylindrée avec un 0 à 100 km/h en moins de 11 secondes, un km DA en 33,1 secondes. Seule la vitesse maxi peut prêter à sourire avec 165 km/h. Si l’Innocenti de Tomaso Turbo ne peut prétendre aller châsser sur les terres des GTI de son époque (VW Golf GTI, Peugeot 205 GTI, Renault 5 Alpine) elle offrait son lot de sensations, d’autant que son poids « plûme » à 710 kg lui garantissait une faible inertie.

>CHASSIS SPORTIF !
Pour son Innocenti, de Tomaso a fait appel à des solutions techniques éprouvées : coque autoporteuse sur laquelle sont fixées les suspensions. Ces dernières marquent comme la mécanique leur divorce avec la BMC puisque la suspension spécifique Hydragas de la Mini est partie aux oubliettes. A l’avant on trouve donc du McPherson mais dépourvu de tirants de châsse. C’est la barre stabilisatrice qui a la charge de donner de la rigidité longitudinale du train avant. L’essieu arrière s’inspire de ce qui se pratiquait alors chez Fiat avec une jambe de force avec deux triangles inférieurs et un ressort à lames transversal. Un système économique industriellement parlant qui était également éprouvé sur les Autobianchi A112 Abarth, Fiat Ritmo et Regata. Pour ralentir cette bombinette, des freins à disques pleins à l’avant suffisent tandis que des tambours sont au travail à l’arrière. Les petites roues de sont chaussées de pneus en 160/65 R 315. L’ensemble offre une tenue de route digne d’un kart et dont la notion de confort semble à l’opposée de celle d’une berline cossue.

Après quelques années de commercialisation et un succès d’estime auprès des amateurs de « bombinettes sportives à roulettes », l’aventure prendra fin en 1989 lors du rachat de Fiat de la marque Innocenti à de Tomaso. Le géant turinois, déjà fort occuper à faire vivre ses marques délaissera Innocenti qui disparaîtra du catalogue.

Innocenti de Tomaso Turbo (1983) – Dossier du Guide des Sportives
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Chez Innocenti, la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille, mais les difficultés sont parfois sources d’opportunités. Lorsque BMC (British Motor Corporation) se déclare en cessation de paiement et c’est l’état italien avec Alejandro de Tomaso qui rachètent Innoncenti en 1976. Toutefois le moteur « Austin » est conservé… jusqu’en 1982. A compter de cette date, c’est un petit trois cylindres en ligne Daihatsu qui motorise la gamme Innocenti « Bertone ». Dès l’année suivante, c’est le retour de la GTI de Tomaso chez Innocenti. Du coup, tout est nouveau avec pour commencer ce qui se voit : une dessin signé Bertone dont l’esthétique est remaniée. C’est surtout la face avant qui est plus arrondie et… Et aussi les Innocenti du site Le Guide des Sportives

Autres versions :

Les Rivales :

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CHRONOLOGIE INNOCENTI DE TOMASO TURBO
1933 : Création de la firme Innocenti par Ferdinand Innocenti.
1972 : Décès du créateur d’Innocenti. La Britsih Leyland Corp. (BMC) rachète donc la firme italienne en la rebaptisant Leyland Innocenti Spa et poursuit la fabrication et commercialisation des Innocenti Mini.
1974 : Présenation officielle de l’Innocenti 90/120 sur la base de la Mini avec carrosserie dessinée par Bertone.
1975 : Faillite de Leyland Innocenti Spa. C’est Alejandro de Tomaso qui rachète alors le petit constructeur italien.
1976 : de Tomaso se penche sur le cas de la petite Innocenti et la dope à coup de mécanique de Mini Cooper avec le 1275 cm3 de 80 ch ! Présentation spécifique pour cette puce vitaminée.
1982 : Le groupe British Leyland arrête de fournir ses moteurs à Innocenti. Le petit constructeur italien trouve donc un accord de fourniture avec Daihatsu pour des 2 et 3 cylindres en ligne.
1983 : L’innocenti de Tomaso Turbo phase 2 reçoit donc une nouvelle mécanique d’origine japonaise, mais toujours dopée à la vitamine turbo.
1989 : C’est l’arrêt de production des Innocenti.
1989 : La marque Innocenti est revendue au groupe Fiat qui ne l’exploite pas.
1993 : C’est l’arrêt total et définitif de la marque Innocenti.

monza-copieEN MARGE DE LA SERIE…

>INNOCENTI DE TOMASO RECORD MONZA

Le préparateur japonais Maruyama s’est penché sur la petite Innocenti en plus des Mini Cooper avec un traitement complet « full » tuning.

5 CV FISCAUX
FICHE TECHNIQUE
MOTEUR
Type: 3 cylindres en ligne, 6 soupapes
Position: Transversal AV
Alimentation: 1 carburateur double corps Aisan + turbocompresseur IHI RHB 32 (ø 0,37 bars)
Cylindrée (cm3): 993
Alésage x course (mm): 76 x 73
Puissance maxi (ch à tr/mn): 72 à 5 700
Puissance spécifique (ch/L): 72,50
Couple maxi (mkg à tr/mn): 9,7 à 4 400
Couple spécifique (mkg/L): 9,76
TRANSMISSION
AV
Boîte de vitesses (rapports): 5 manuelle.
POIDS
Données constructeur (kg): 710
Rapport poids/puissance (kg/ch): 9,86
ROUES
Freins Av-Ar (ø mm): Disques pleins AV (ø – mm)- tambours AR (ø – mm)
Pneus Av-Ar: 160/65 R 315
>PERFORMANCES
Vmax : 165 km/h
400 m DA : 18,07 s.
1 000 m DA : 33,1 s.
0 à 100 km/h : 10,8 s.
0 à 200 km/h : ND s.

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