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que pour certains, le plaisir automobile ne se vit que
sous un blason prestigieux, ou avec une puissance toujours
plus élevée que celle des voisins, pour
d'autres, le plaisir automobile est beaucoup plus simple
et accessible. Point besoin d'avoir recours à un
gros budget pour goûter la route différemment.
Les GTI des années 80 sont ainsi faites, qu'elles
distillent encore des sensations à tous les étages,
et, ce qui ne gâche rien, ont pour elles des histoires
et palmarès qui contribuent à faire travailler
l'imaginaire. Et si le plaisir automobile n'était
pas justement là
dans l'imaginaire de l'ordinaire
? |
| Textes
: N. LISZEWSKI |
Photos
: DR. |
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omme
tous les matins, il faut aller travailler. Alors que certains
sont entassés dans les transports en commun, d'autres
choisissent par envie, budget ad hoc ou encore logique
de transport leur voiture. Dans la masse gluante "diésélisée",
"monospacisée", et "quatquatisée",
certains sont à la marge. Il faut dire que les
voitures modernes ne sont pas toujours exemptes de problèmes
de fiabilité et de pannes et obligent ainsi à
sortir |
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"mamie" du garage, plus habituée d'ordinaire
à se dégourdir les rotules le week-end
et les vacances. C'est le cas de notre Peugeot
205 GTI 1900. Une GTI phare des années
80, la référence en quelque sorte que
toutes les autres cherchèrent à détrôner.
En cette époque "vroum-vroum", le culte
de la vitesse et la flatterie de l'ego du conducteur
mâle a largement contribué à l'image
des GTI
des années 80, auxquelles il faut
ajouter les regrettées groupe B en rallyes qui
ont porté aux nues ces carrosseries de monsieur
et madame tout le monde. La "modern" à
l'atelier, c'est donc à 7h00, dans le froid et
la nuit noire de l'hiver que notre 205
GTI va faire ses bons offices.
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DEMARRAGE
DIFFICILE
Conducteur et machine pas trop réveillés, tout
va démarrer en douceur. Premier cran de la clé,
et les voyants du tableau de bord Jaeger s'illuminent. Direct
au troisième cran pour réveiller le 1,9 litres
tapi sous le capot. Ralenti stable (assez rare pour une 205
GTI avec de la bouteille), il est temps de
lui ouvrir les yeux et se faire un petit blush sur le pare-brise.
Les premières évolutions sont un peu chaotiques.
La direction non assistée oblige les bras à
forcer sans échauffement, le chauffage et ventilations
peu efficaces (mais où est la clim' ?!!) rendent la
visibilité et le confort de conduite courageux. La
danse lente exaspérante des balais d'essuie-glaces
(oui, je suis déjà sur la vitesse maxi !), rend
la visibilité longtemps problématique.
PREMIERE
SPECIALE
La neige a recouvert de son blanc manteau la banlieue parisienne.
Passé les premiers magmas de véhicules, et les
fluides en température, une première ligne droite
se dégage. Deux, trois, quatre puis cinq
chaque
rapport étant poussé à près de
6 000 tr/mn dans un barouf vivifiant (un autoradio ? Pourquoi
faire !). Les poussées aussi vigoureuses que communicatives
ont fini par réveiller non seulement le métabolisme
du conducteur, mais aussi l'instinct de passionné qui
dévore l'asphalte différemment de son voisin
de file, clope au bec, téléphone portable à
la main, réglant son GPS 16/9e couleur de sa BMW 118d
de fonction. Alors qu'il tripote tous ses gadgets, nous ne
le voyons déjà plus. Les coups de gaz rageurs
et le paysage qui défile nous rappellent que le chrono
tourne ! Pas de temps à perdre
AMBIANCE
COURSE !
Bien calé dans le baquet, scrutant régulièrement
l'état de la mécanique avec la batterie de manos
sur le tableau de bord, notre 205 GTI taille son chemin. Les
bordures blanches de la route ne font plus qu'un trait. Attention
à ne pas mettre une roue dehors, sinon c'est la sanction
immédiate et l'abandon dans la spéciale ! Le
chrono tourne toujours, et notre 205 semble avoir trouvé
le bon rythme. On dépasse même des attardés.
Dingue ! Les volutes de buée rétrécissent
le champ de vision augmentant encore l'impression de concentration
et d'acuité visuelle aigue. Enfin, j'arrive au poste
de contrôle pour le pointage. La vitre se baisse lentement
au rythme autorisé par son moteur électrique,
et le commissaire semble me regarder l'air ahuri et vêtu
d'un costume sombre. "J'ai fait combien ?"
, lui dis-je. "Combien ?!" Il semble de plus
en plus surpris, puis il se reprend : "il faut me
montrer votre badge pour pouvoir accéder à votre
place de parking". Dur retour à la réalité,
en fait je n'étais pas sur les pistes du Rallye des
1000 Lacs, mais tout simplement arrivé au travail
.
Pas de doute, en GTI la route est tout de suite plus palpitante
! J'avais réussi à me prendre pour Salonen pour
quelques minutes, et je me surprenait à dire que ma
205 GTI avait du Sisu !
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