Alors
que Proust se remémorait cette madeleine qui faisait renaître en
lui ses souvenirs d'autrefois, d'autres plutôt versés dans la mécanique
et les "bagnoles" cherchaient à retrouver des sensations et émotions
automobiles d'autrefois. Histoire d'un passionné, qui voulait retrouver
l'esprit de ses débuts au volant, à la recherche d'une Peugeot 205
GTI 1900 qui l'avait tant marqué. La Madeleine sera-t-elle encore tiède
?... Textes
: N. LISZEWSKI Photos : DR. | | u
cours de l'année 1996, mes études m'avaient conduit à passer
6 mois à Münich en Allemagne. L'autoroute A4 était devenu mon
lot commun fait d'allers et retours jusqu'au domicile familial. 827 km pile !
Tel était ce qu'indiquait alors le compteur Veglia de ma 205
GTI 1,9 litres AM89. Gris anthracite, avec son toit ouvrant panoramique
en option, elle avait alors rythmé ses allers-retours franco- |
allemands pendant 6 mois. La pression policière d'alors moins forte qu'aujourd'hui
(certainement à tord) et le culte de la vitesse libre en Allemagne, il
était alors d'usage que le trajet soit avalé en moins de temps possible.
Nous étions à la fin de l'époque "vroom-vroom"
et du culte de la vitesse en guise de valorisation de l'ego, quitte à décimer
des familles entières. Je me rappelle notre premier aller avec une arrivée
à Münich après 7h30 de route arrêts compris. Pas de doute,
notre 205 en avait encore dans le ventre, même si en Allemagne, il nous
était impossible de lutter face à la multitude de "gros calibres"
qui circulaient alors. Arrivés à bon port, et repensant aux dernières
recommandations parentales qui regardaient l'air inquiet deux "fougueux"
conducteurs, âgés de 20 ans, s'envoler du cocon familial, nous attendîmes
alors une heure avant d'appeler pour prévenir de la bonne issue du voyage.
Que de souvenirs
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26
avril 2008, après une quête sans relâche de 3 longs mois, j'ai
enfin réussi à trouver la perle rare qui correspondait à
mon cahier des charges. Elle est gris futura (donc clair métal pour ceux
qui suivent), est une deuxième main et a 115 000 km d'origine. Elle est
en superbe état d'origine et semble avoir été amoureusement
entretenue. Tous ses manuels de bords sont là, ainsi que ses accessoires.
Une fois les formalités administratives de ventes bouclées avec
le vendeur (s'en séparant à regret, à tel point que j'ai
longtemps craint qu'il ne se ravise plusieurs fois), me voilà reparti sur
la route. Sur la même route qu'en 1996 en réalité, puisque
l'auto était à Strasbourg. Hasard ou coïncidence ?
UNE
RECHERCHE LONGUE ET PATIENTE... Avec les années, l'expérience
apporte son lot de précieux conseils. Si on est toujours impatient de se
faire plaisir, on est en revanche plus pressé. Pas question donc de céder
aux sirènes des annonces trop alléchantes. Il faut faire le tri
dans cette jungle des petites annonces de 205
GTI où l'on trouve de tout au même prix ou presque.
Payer cher n'est malheureusement pas une garantie d'une réussite éclatante
sur le modèle retenu. En plus, je m'étais fixé quelques critères
sélectifs comme les coloris, les années-modèles, et l'absence
de catalyseur. Bref pas si simple. Entre celles hors de prix raisonnable frôlant
avec les 8 à 10 000 euros, même si exceptionnelles soient-elles,
les belles de loin, mais loin d'être belles, les très gros kilométrages
(plus de 200 000 km), les quelques détails plus d'origine, sans compter
la cohorte de véhicules importés de Suisse,
Allemagne, Belgique et Italie, souvent catalysés pour la plupart. Finalement,
la patience et passion ont été mes meilleures alliées pour
trouver cette gris Futura 1900 (encore merci à Marc d'avoir accepter de
s'en séparer). 1,9
LITRES ET PAS 1,6 LITRES ? Certains se posent encore la question de savoir
si la "vraie" 205
GTI est forcémment une 1600 cm3 et d'autres que la 1900
cm3 est nécessairement la "reine". Mes motivations étaient
autres. Après trois 205
GTI 1600 (deux 115 ch et une 105 ch), et une 1900
cm3, mes souvenirs avec la 1900 étaient plus effacés
et surtout, alors conscient de certaines de mes limites au volant, je n'avais
certainement pas osé la comprendre avec les égards et le doigté
qu'elle méritait. Le temps a passé et, les sorties circuits aidant,
les différentes sportives essayées depuis avec L'Automobile
Sportive, m'ont donné envie de renouer avec une 205 GTI
1900. Pour pouvoir mieux l'apprécier avec mon expérience d'aujourd'hui
et retrouver les sensations d'hier. Et puis à chaque revente de mes bolides
"d'antan" je me jurait qu'un jour j'en rachèterai une pour la
conserver. Autant donc démarrer par une 1,9 litres ("inliteneuf"
comme on disait alors !), plus rare sur le marché de l'occasion en raison
d'une diffusion plus restreinte que les 1600 cm3. Une 1,6 litres viendra peut
être un jour compléter cet achat ? Qui sait... PREMIERS
KILOMETRES... Après des discussions longues et passionnés
avec un vendeur qui ne l'était pas moins, c'est parti ! Le premier sentiment,
surtout après la conduite récente d'autos actuelles, c'est que c'est
très léger, vivant. Une sorte d'allégresse pour limer du
bitume. Rapidement, tous les souvenirs réapparaissent. Juste le temps de
laisser de côté sur l'Autoroute A4 à la sortie de Strasbourg
les brasseries des fabricants de bières, puis de la motrice du premier
TGV exposé sur les bords de l'autoroute, et tout semble comme si j'étais
à la maison. Je retrouve mes positions de conduite, je réapprends
à régler des commandes de ventilations sans climatisation alors
qu'un beau soleil irradie la température de ses 20°C. Avant même
d'être parti des détails me font sourire comme autrefois : l'ouverture
de la centralisation avec la clé qui émet un petit râle à
la fin, ou encore cette légère toux de petite vieille pour le lancement
du démarreur avant que le 1905 cm3 trouve le bon tempo juste sous les 1000
tr/mn. Après un plein d'essence (fichtre, voilà un bon repère
de l'augmentation des prix du carburant en 12 ans : de moins de 30 euros en 1996,
on passe à plus de 60 euros !), je file à un train... de sénateur
: 130 km/h et pas un de plus. C'EST
BIEN ELLE ! Mes souvenirs de jeune conducteur m'avaient laissé l'impression
d'une auto qui avait une pêche d'enfer et un super freinage. Je n'avais
pas oublié non plus la direction sans assistance terriblement dure à
manoeuvrer à l'arrêt. Avec le temps, allais-je toujours lui trouver
ce punch qui m'avait alors tant séduit, au-delà du look et de ce
que représentait à mes yeux une 205 GTI ? Les premières côtes
de l'autoroute ont fourni un premier élément de réponse.
A 110 km/h en 5e, en plein montée, les reprises sont très franches
et ma bombinette monte avec entrain pour effacer ce col. Quelques poids lourds
qui déboîtent à la dernière minute (un classique du
genre) permettent de mesurer l'efficacité des quatre freins à disques.
Toujours aussi souple en moteur, aussi vive en châssis et des freins en
béton, comme dans mes souvenirs. Bien évidemment on n'en demande
pas autant à une auto qui a 20 ans, qu'à une sportive qui vient
de sortir, mais la 205 GTI 1900 étonne encore par sa fraîcheur de
conduite et son authenticité. C'est viril, pas très confortable,
chaud en été ou par beau temps, mais quel pied ! Une voiture qui
vit, une voiture qui donne envie d'aller tater de la petite route de campagne
à tout bout de champ, et un bouilleur sous le capot qui rappelle qu'en
son temps il faisait régner la loi entre les feux rouges et sur les petits
virolos. Et qu'importe si aujourd'hui la première turbodiesel venue met
une râclée au démarrage, la 205 GTI 1900 se vit pleinement
comme un art de rouler à part. C'étaient mes souvenirs, ils sont
intacts et rassurés aujourd'hui... Elle est toujours authentique ! >Témoignages,
retrouvez des passionnés propriétaires de GTI
et sportives dans la rubrique "Vous
et Votre GTI"
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