Les
GTI et petites sportives, genre automobile voué à la passion et
au culte des performances avouées et/ou avérées, ont vite
fait de faire briller l'imaginaire des adolescents. Plus sensibles que les adultes
à des éléments exogènes au produit lui-même,
c'est tout un monde d'évocations et de fantasme automobile que les GTI
représentent avec cependant une différence de taille par rapport
à d'autres mythes roulants : l'accessit possible. Seuls sésames
impératifs, le feuillet rose, un budget minimum et une certaine dose de
rêve matinée de réalisme
Attention, la nostalgie est
en marche ! Textes
: N. LISZEWSKI - Photos : DR. LORSQUE
LA PASSION DEMARRE
A quel moment naît la passion de l'automobile
? Quel a été le déclencheur ? Pour certains, cela semble
être inné, comme s'ils étaient nés avec un volant dans
les mains. Ou tout du moins, c'est ce qu'ils nous font croire. Pour d'autres,
c'était certainement au fond d'eux-mêmes, mais ils ne le savaient
pas encore. Une passion endormie qui n'attendait qu'un déclic. Aussi loin
que je me souvienne, c'est vers 14 ans que le déclic est apparu. Je revois
encore ces magazines (que je possède toujours d'ailleurs), le spécial
Salon 88 de L'Auto-Journal, et un numéro de L'Auto-Journal dans lequel
était comparé plusieurs 205
GTI préparées par des tuners de renom comme Gutmann
et Ruggeri. Ajoutez à cela un catalogue de Renault
19 millésime 88 et le tour était joué. Le
numéro spécial salon, je l'ai lu, relu et relu encore. C'est bien
simple je connaissais par cur les photos de chaque modèle présenté.
Je me revois m'extasier devant certaines légendes des photos comme celle
de la Countach qui expliquait qu'elle pouvait compter sur 500 ch alors même
que je ne me représentais pas réellement ce que cela signifiait.
La machine était en marche, et rien ne semblait pouvoir arrêter cette
passion grandissante. Comme toujours, l'adolescence est une période complexe
mais au combien pure. Sans compromis, sans trop de contraintes, et surtout avec
un engagement idéal, sans retenue. Alors évidemment, lorsque la
passion démarre, c'est sur les chapeaux de roues et pas autrement. Quelque
temps après, le mythe GTI
allait être en marche dans mon imaginaire d'adolescent
CULTURE
GTI ! Mes parents cherchant à remplacer le déplaçoir
familial rendu à l'état d'épave suite à une rencontre
imprévue avec une Toyota Celica (qui n'était pas si fantastique
?!), nous avions alors fait le tour des concessions. Une bonne occasion pour moi
de récupérer de la documentation commerciale sans mettre à
mal ma réserve naturelle. Hésitant alors entre une Renault 21 TS
ou une Peugeot 405 GR (nous étions en 1988), l'accueil toujours aussi exécrable
chez Peugeot, et le prêt chez Renault d'une R21 Ti pour vérifier
si elle rentrait dans notre garage auront vite fait de convaincre mes parents
de céder aux sirènes du losange. Tant pis pour Peugeot, pour ma
part j'avais au moins réussi à remporter un trophée : le
catalogue gamme 88 avec quelques pages bien illustrées sur les 205
GTI et CTI. Combien de fois n'ai-je rêvassé devant
ces photos d'habitacles de 205 GTI avec ses sièges baquets, la moquette
rouge et encore ce volant trois branches siglé frappé d'un "GTI"
stylisé. Et que dire de son combiné d'instruments très complet
Le relais à la télévision des exploits de la Peugeot 205
Turbo 16 en Rallye-Raids (l'arrêt des groupe B prématuré ne
m'a pas permis d'en jouir à leurs heures de gloires, étant trop
jeune et ma passion pas encore "activée") en livrée Pioneer
ou Camel. Les publicités à la TV avec la pub 205 "Garce"
et Talk Talk chantant Such a Shame, ou encore la pub de l'agent secret
sur la banquise poursuivi par un gros porteur de l'armée continuaient d'enfoncer
le clou. Le sacré numéro était présent partout et
il semblait impossible d'y couper. Et puis, l'engouement pour un modèle
se construit aussi beaucoup d'échanges et de rencontres. Dans mon entourage
la mère d'un copain roulait alors en 205 CTI tandis que l'oncle d'un autre
venait en 205 Rallye, équipée d'une rampe de phare additionnelle.
Si je n'ai jamais pu monter dans la 205 Rallye, la CTI m'a au moins une fois accueilli
à son bord. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ambiance GTI
était là ! Pas réellement molle de l'accélérateur,
la conduite énergique de sa propriétaire faisait donner de la voix
au 1,6 litres de 115 ch. Le sort en était jeté. Plus tard, j'aurai
une GTI, quitte à devoir attendre
Attendre, encore et toujours, ce
précieux sésame rosé. Entre-temps, les années passent
et si la 205
GTI reste toujours au firmament, sa suprématie est désormais
très contestée. La Clio 16S pointait ses épaules larges et
son capot bombé et ses performances n'étaient pas en reste avec
ses 140 ch. Alors arrêté à un feu tricolore, savait-il seulement
ce propriétaire " chanceux " au volant de sa Clio 16S bleue nuit
écoutant Sweet Things de Mike Jagger, qu'il m'avait fait baver d'envie
?... PASSAGE
A L'ACTE ! En mai 1993, la délivrance enfin ! Plus important à
mes yeux que le baccalauréat à passer en fin d'année scolaire,
l'obtention du permis fut vécue comme une totale délivrance. Cette
passion vécue de manière totalement empirique allait enfin se matérialiser,
prendre forme. Pas de débuts avec une sportive encore, mais un goût
pour cette liberté individuelle de déplacement. Une autonomie qui
permettait ainsi de couper définitivement ses besoins d'assistance auprès
des parents. Après s'être fait la main pendant un an sur une "antique"
Peugeot 305 phase 1, il était temps de passer aux choses sérieuses.
Ayant bossé pendant mes vacances et mes week-ends, et avec la vente de
ma "guimbarde", je me suis mis en recherche. Après avoir mis
de côté les Supercinq GT Turbo, ayant peur d'une fiabilité
et d'un entretien qui ne peut être assumé par un budget réduit,
pour ne pas dire inexistant d'un étudiant. Mon choix était donc
désormais fait, ma future auto sera une 205
GTI 1600. Les prix en 1994 étaient alors très abordables
en occasion, les GTI commençant à accuser le coup de massue des
assureurs, les prémisses d'une répression routière à
outrance et l'émergence de nouveaux concepts à la mode comme les
cabriolets, les coupés et les tout-terrain. Du coup, la première
205 GTI vue fut la bonne ! Affichée à 17 000 francs (env. 2 592
euros), elle n'avait que 88 000 km et était une deuxième main. Dans
sa livrée gris clair métal, elle était toute d'origine. Voulant
jouer le gars sûr de lui, je n'ai pas manqué de me ridiculiser comme
de la "bleusaille" en demandant où était le starter
Mes parents n'ayant jamais eu de voitures dotées de l'injection, j'avais
par une simple question avoué mes faiblesses en pratique automobiles. Heureusement,
le vendeur était honnête et son auto très belle me permettant
ainsi de passer à l'acte avec une auto en parfait état. Un appel
à la MAIF pour l'assurer au tiers sans vol (budget étudiant oblige)
et c'était parti pour une vie de "GTiste"
!... MA 205
GTI 1600 Millésimée 88, elle avait donc sa moquette rouge
vif, et sa planche de bord phase 2 dessinée par Keith Ryder. Son volant
trois branche gainé de cuir était tout de même plus sport
dans son dessin et plus flatteur à l'il. La sellerie gris clair à
liserés recouvrait les deux sièges baquets. Une fois acheté
et posé par mes soins l'autoradio Tokai à cassettes (je n'ose vous
décrire la qualité de mes branchements
) mon auto était
fin prête pour que mon imaginaire prenne forme. Entre le plaisir de l'évocation,
ajouté aux sensations de conduite de cette référence des
GTI, j'étais alors aux anges. Une sorte de paix intérieur comme
si mon équilibre ne pouvait qu'être réalisé avec une
voiture de sport au garage (ou plutôt dans le jardin de mes parents). Chaque
prétexte était bon pour se déplacer et déguster la
route. Pas une spéciale de rallye à chaque déplacement, mais
même sans rouler vite, cette 205 GTI distillait son ambiance et son lot
de sensations sans oublier l'aura qu'elle véhiculait encore. D'ailleurs
ces "quinquas" grincheux en grosses berlines dont la libido semblait
soudain se réveiller au feu tricolore ne pouvaient s'empêcher de
vouloir être devant ma bombinette, quitte à bouchonner comme des
malpropres. Une fois la route dégagée, et les petites routes libres,
je diminuais alors le son de l'autoradio qui crachait What is Love d'Haddaway,
ou encore I Like To move it de Real to Real, et baissais légèrement
la vitre pour profiter de la rage exprimée par le moteur de 115 ch
Le plein d'essence coûtait alors moins de 200 francs (moins de 30 euros)
dans les stations des supermarchés, une autre époque assurément
Mais le virus était confirmé, j'aurai toujours une voiture de sport
pour le plaisir ! >Témoignages,
retrouvez des passionnés propriétaires de GTI
et sportives dans la rubrique "Vous
et Votre GTI"
>Fonds
d'écran GTI et sportives compactes Mais
aussi, toutes les sportives
essayées dans le guide
des sportives de L'Automobile
Sportive : ->
voitures de sport >Retrouvez
nos annonces de GTI et petites
sportives d'occasion ci-dessous : |