Dans
les années 80, la mode GTI battait son plein ! Le rythme des ventes était
très soutenu et les acheteurs étaient moins motivés par l'aspect
sportif que par l'image que leur renvoyait leur véhicule. Nous étions
alors dans l'ère du " Vroum-Vroum " et rien ne semblait pouvoir
arrêter la vague GTI que chaque constructeur s'appliquait à déployer
dans sa gamme. Depuis, ce sont les SUV et les coupés-cabriolets qui monopolisent
les acheteurs, sans parler du phénomène " diesel " dont
les ventes sont autant dopées par des impératifs économiques
que des améliorations techniques et d'agréments réels. Qu'est-ce
qui peut donc encore pousser les acheteurs de GTI à garder la flamme ?
La passion bien sûr mais pas seulement... Textes
: N. LISZEWSKI - Photos : DR. S'il
existe des faits indiscutables qui donnent une tendance réelle du marché
automobile, ce sont les chiffres d'immatriculations. Avec un petit " flash-back
", on pouvait alors remarquer lors des années 80, période faste
des GTI, que dans certaines gammes, les GTI et dérivés sportifs
représentaient jusqu'à 20% des ventes d'un modèle, et que
les chiffres d'immatriculations à 5 chiffres étaient alors monnaie
courante. Depuis, les temps ont changé et les GTI ont perdu la cote auprès
du public. Plusieurs phénomènes relativement simples et évidents
expliquent ce déclin : prix du carburant, répression routière,
mentalités face aux " sportives de route ", nouvelles aspirations
des clients (SUV, coupés, cabriolets), aspects pratiques
La période
la plus sombre pour les GTI demeure à coup sûr les années
1995-1999 durant lesquelles seules quelques représentantes ont existé
sur le marché. A la fin des années 90, même un constructeur
comme Renault, plutôt prolixe en petites sportives d'ordinaire était
resté timoré. Heureusement, la Clio RS est revenue à point
nommé épauler la Clio 16V, puis ensuite la Mégane II sera
dotée d'une version RS qui connaîtra diverses évolutions dans
le bon sens. Comprenez, dans le sens d'une sportivité et d'un caractère
plus affirmé. Puis depuis 2000, les constructeurs généralistes
semblent se souvenir de l'apport réel d'image à toute une gamme
avec des versions sportives. Et ce n'est pas rien de le dire puisque les Polo,
Mégane, Clio, Fiesta, Corsa
ont retrouvé une ou plusieurs
versions sportives. L'EMBARRAS
DU CHOIX Les marchés depuis tout temps, sont régis par la
loi de l'offre et la demande. S'il n'existe pas d'offre, la demande ne peut être
stimulée. Les plus beaux exemples en la matière sont illustrés
par les nouvelles technologies ces 10 dernières années. Aujourd'hui,
les constructeurs se sont rendus compte de l'image malgré tout positive
de ces sportives pour leurs gamme. Ainsi le marché a explosé en
richesse sur les feuilles des papiers glacés des catalogues des constructeurs
automobiles. Chez Renault, la Clio RS et la Mégane RS se chargent de lutter
au sommet de leurs catégories respectives. Et comme un modèle ne
suffit pas, entre évolutions et les séries spéciales, on
peut presque parler de gamme RS à Billancourt ! Chez PSA, les Citroën
C2 VTS et C4 VTS sont plus réservées, tout comme les Peugeot 307
Féline et la 207 THP puis la RC. Mais elles ont au moins le mérite
d'exister. Ford n'a pas oublié non plus les amateurs de GTI avec deux modèles
très intéressants comme la Fiesta ST et la Focus ST 225. Opel développe
son label sportif OPC notamment sur la Corsa et l'Astra sans parler des autres
modèles mais ne correspondant pas au segment des GTI. BMW vient faire les
trublions avec les 120i et 130i sans parler de Mini et ses Cooper et Cooper S
avec les kyrielles de séries spéciales et limitées. VAG est
également en force sur le segment des GTI avec la Polo GTI, la Golf GTI,
la R32, la récente GTI 30 Edition, la Polo GTI Cup 180 ch (pas importée
en France). Seat le cousin espagnol ne lésine pas non plus avec les Ibiza
FR et Cupra et également Leon FR et Cupra. Audi charge avec sa force et
son image sur l'A3 2.0 TFSI, la V6 3.2 et la S3 de 265 ch. Chez Fiat seul la Panda
100 HP représente Turin, mais la Punto Grande Abarth s'annonce à
grands pas. Les Japonais sont toujours présents avec les Suzuki Swift Sport,
Honda Civic Type R, Toyota Yaris TS, Corolla TS, la tonitruante Mazda 3 MPS
L'offre est donc on ne peut plus large et chacun y trouvera son bonheur en fonction
de ses goûts, envies et aussi budgets. Et quelques futures GTI pétillantes
sont attendues de pieds fermes : 207 RC, Twingo 2 RS, Bravo Abarth ?... REPRESSION
ROUTIERE, BOOSTER DES VENTES DE GTI ? Mais pourquoi donc les constructeurs,
et donc les clients, s'intéressent-ils de nouveau au segment des GTI ?
La répression routière plus pesante, notamment en France, est certainement
une des réponses possibles. Puisque l'on ne peut plus (à raison)
raisonnablement conduire " sport " sur route ouverte au risque, au mieux
de perdre quelques points, au milieu de perdre son permis, et au pire de détruire
des existences, les amateurs et passionnés de conduite sportive se sont
résolus à se tourner vers les circuits automobiles. Seulement voilà,
pour aller sur circuit, il faut une auto qui soit suffisamment puissante et performante,
dotée d'un châssis efficace mais aussi de bons freins. On peut alors
facilement trouver son bonheur chez les super-sportives. Mais ce choix impliquerait
l'absence de contraintes budgétaires. L'autre solution est d'acheter des
sportives légères et pistardes comme les Lotus Elise et Opel Speedster
par exemple. Et le sport "populaire" dans tout cela !? On ne peut nécessairement
se permettre financièrement ou faute de place, de posséder deux
autos ou même trois parce que l'une est exclusivement réservée
au circuit. Et les véhicules qui présentent quelques aptitudes pour
le circuit, n'obligent pas à s'appeler Bille Gates ou s'endetter sur 72
mois, et permettant une polyvalence de tous les jours se nomment
GTI justement
! Le père de famille la semaine, pourra aller se défouler sur circuit
le week-end puis reprendre son " costume de papa " en bon conducteur
sage. L'AVENIR
DES GTI
"Toujours en mouvement est l'avenir" disait ce
drôle de petit vieillard vert et rabougri que tout le monde connaît
sous le nom de Maître Yoda. Impossible donc de prédire l'avenir d'autant
que nous n'avons pas cotisé auprès de Madame Irma
Plus sérieusement,
les constructeurs automobiles ont certainement un coup à jouer pour booster
l'intérêt du public sur les GTI et sportives compactes : l'aptitude
de leurs autos à rouler sur circuit, seul exutoire aujourd'hui autorisé.
Ce sont les sorties circuits " clubs " qui sont la garantie de la pérennisation
du mouvement GTI. Si l'image joue toujours un rôle prépondérant,
et sert de locomotive à toute une gamme, les GTI se doivent de pouvoir
rouler sur circuit sans trop de modifications, quitte à ce que les constructeurs
proposent des options et accessoires prévus à cet effet. La démarche
de Seat sur sa dernière Leon Cupra avec l'option freins Brembo à
étriers 4 pistons en est le meilleur exemple. L'autre grand effort des
constructeurs à faire toujours sur cette voie est la clarification des
fonctionnements des aides à la conduite (ESP, ASR, AFU, BAS, TCS, EBV
)
avec la possibilité de les éradiquer totalement. Très utiles
et très efficaces dans la conduite de tous les jours et sur route ouverte,
ces dispositifs électroniques frustrent l'apprenti pilote qui sommeille
en vous et ne vous permettent en outre pas de progresser comme il le faudrait.
L'apport d'organes mécaniques efficaces et réellement utiles comme
un différentiel à glissement limité sur les trains avant
(Mazda 3 MPS et Renault Mégane RS F1 Team R26) est également une
voie à explorer et généraliser rapidement. Enfin en matière
de publicité et marketing, l'implication directe ou indirecte des constructeurs
dans des sorties circuits ne peuvent que servir les ventes de GTI ! >CONCLUSION Qu'est-ce
qui peut bien pousser aujourd'hui à acheter une GTI ? Si l'image est certes
une des motivations, le plaisir automobile de rouler dans une auto différente
et performante, mais surtout d'avoir un concept qui offre le meilleur rapport
polyvalence/performance/budget du marché rappelle à tous qu'une
GTI n'est plus un phénomène de mode et que les " frimeurs "
sont passés à autre chose. Désormais, les GTI sont revenues
à l'essence même de la passion automobile et l'éclosion de
très nombreuses sorties circuits, dans lesquelles les GTI sont très
largement représentées remet les pendules à l'heure. Qu'on
se le dise, malgré le mirage aux alouettes des diesels ou des SUV, se sont
les GTI qui déclenchent encore l'émotion, et c'est la passion et
le choix de vivre sa passion sans procuration et sans concession qui pousse les
acheteurs de GTI à franchir le pas
Les constructeurs commencent à
le comprendre (il est temps !) et leurs premiers efforts vont dans le bon sens.
Espérons simplement qu'ils nous lirons afin de pouvoir continuer à
améliorer le genre GTI pour notre plus grand plaisir. Mais
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