|
|
ès
les années 60, en 1968 pour être plus exact,
le président Pierre Dreyfus, alors président
de la Régie
Renault, est convaincu que le segment dévolu
aux Citroën
2 CV et Renault 4 mérite d'être anobli et
plus sexy. Alors que les deux autos pré-citées
devaient avoir un caractère "utilitaire"
premier très marqué, le président
de la Régie Renault donna son accord pour le développement
du "projet 122" qui allait jeter les bases du
segment de marché "B" tel que nous le
connaissons aujourd'hui (Clio,
207,
C3, Polo...). En plus du |
|
caractère
pratique, la future Renault 5 devra être aussi
élégante et polyvalente en n'ayant pas
peur d'affronter les kilomètres sur longs parcours.
C'est le 28 janvier 1972 qu'est présentée
la Renault
5 au grand public. Contrairement aux
doutes des "spécialistes" ou prétendus
comme tels, la Renault 5 va rencontrer un franc succès
et s'installer durablement en tête des immatriculations
en France. Malgré l'arrivée tardive (à
partir de 1979) de la version 5 portes, la Renault 5
désignée comme "supercar" dans
les campagnes publicitaires, elle va démoder
d'un coup les Simca
1000 et Peugeot
104.
|
Après
une mise en bouche relativement timide avec les version LS
(1974) et TS (1975) dont les mécaniques développaient
moins de 70 ch pour moins de 800 kg, Renault n'oublie pas
sa tradition des petites sportives populaires (Renault 4 CV,
Dauphine 1063, R8
Gordini) en partant de la base de la Renault
5. Et si la Renault
8 comme la Dauphine d'ailleurs arboraient fièrement
le patronyme "Gordini", c'est plutôt du côté
de Dieppe et de Jean Redélé qu'il faut se tourner.
La nouvelle sportive de Billancourt s'appelera "Alpine"
! Une bonne occasion également pour la régie
de faire profiter de l'image sportive d'Alpine à la
R5
(En 1976, les victoires en Rallyes étaient encore vivaces
dans l'esprit du public français). Seul le marché
anglais n'aura pas le droit au label "Alpine"
propriété de PSA via les rachats successifs
de l'ex-Sunbeam. Qu'importe, elle sera badgée "Gordini",
un label largement mérité.
Extérieurement, on identifie immédiatement une
5 Alpine au reste de la gamme avec son spoiler avant d'un
seul tenant en plastique assez novateur pour l'époque.
Les amateurs de sport automobile auront reconnu le bouclier
avant des "LS Kit" pour la Coupe. Ce bouclier intègre
les clignotants et les feux additionnels. Les finitions de
l'époque étant plus brutes qu'aujourd'hui on
notait les vis apparentes pour fixer ledit bouclier... Autre
signes distinctifs aux 5 Alpine : les jantes en tole à
large déport, reprises des R12 Gordini et aussi les
décorations (liserets rouges avec le logo
"A5" stylisé sur les flancs,
la calandre et la malle de coffre). Dernier petit détail
significatif pour une sportive des seventies : son petit rétroviseur
obus côté conducteur. Pour le reste on retrouve
fidèlement la ligne très simple et proportionnée
de la Renault 5 dessinée par Boué : capot court,
larges surfaces vitrées, petits feux arrière,
calandre avant minimaliste.
L'habitacle
affiche avec arrogance sa sportivité par son habillage tendu de rouge.
Du rouge, il y en a partout : moquette, sièges, contreforts des portes...
Les sièges inègrent les appuie-têtes et sont repris des Renault
15 et 17. La planche de bord est réduite à sa plus simple expression,
ce que les journalistes et amateurs de l'époque lui reprocheront. En effet,
l'instrumentation est relativement pauvre. A tel point que dès le millésime
77, Renault va compléter son offre d'indicateurs sur la santé du
moteur (ajout d'un manomètre de température d'huile et de pression
d'huile). De même, le volant à quatre branches et jante fine sera
aussi remplacée en 77 par un trois branches nettement plus sportif à
la préhension plus pratique. Dans les détails qui datent l'auto,
le long et fin levier de vitesses (à cinq rapports). L'équipement
général était intégralement tourné vers le
sport et plutôt simpliste ce qui était profitable pour le poids de
l'auto contenu à 850 kg.
Sous
le capot de la dernière bombe de Billancourt, on retrouve
un bloc en fonte dérivé de celui des Renault
12, disposé longitudinalement (le moteur est situé
derrière l'essieu avant, avec la boîte devant
pour privilégier la répartition des masses).
Culbuté, il est également super carré
(76 x 77) facilitant ainsi les
hautes rotations plutôt qu'une souplesse tranquille.
D'ailleurs sa puissance de 93 ch est obtenue au régime
de 6 400 tr/mn et son couple reste modeste avec 11 mkg à
4 000 tr/mn. L'alimentation est assurée par un carburateur
Weber double corps 32 DIR 58. Si la puissance de 93 ch peut
prêter à sourire en 2007, il faut tout de même
se rappeler que la renault la plus puissante en 1976 après
l'Alpine étaient les "LS/TS" avec 64 ch.
Le gain en puissance et performances était donc très
important. D'ailleurs avec une vitesse de pointe de 175 km/h,
un kilomètre départ arrêté en 32,5
secondes et un 0 à 100 km/h en 10,5 secondes, la Renault
5 Alpine était à ranger dans
la catégorie des petites bombes en 1976 !
Côté
châssis, les Renault 5 Alpine reprenaient des solutions déjà
éprouvées sur la LS : triangles superposés à l'avant,
bras (arrière) articulés sur barre de torsion. Les barres antiroulis
étaient toutefois de plus forte section à l'arrière et des
amortisseurs De Carbon étaient tarés plus durs rendant ainsi l'Alpine
plus sèche que la LS en confort de roulement. Une paire de freins à
disques pleins à l'avant étaient de série tandis que l'arrière
se contentait de classiques tambours. Les larges jantes en tole à déport
étaient chaussées de pneus Michelin en 155/70 SR 13. Dès
le millésime suivant, des jantes en alu au design réussi et commun
avec celui des Alpine A310 V6 remplaceront les jantes en tole, en gardant cependant
la même taille de pneus. En
1977, la Renault 5 Alpine connait quelques modifications de détails déjà
évoquées plus haut.
Elle reçoit également des phares H4 en remplacement
des optiques mixtes montés jusqu'alors. Dans le même temps, la Coupe
Alpine remplace les LS kitées avec bonheur. Le frottage de portières
était alors monnaie courante dans les épreuve de la Coupe ! Alors
qu'en 1978 Renault supprime le manomètre de température d'eau et
ajoute une prise "diagnostique" au moteur, l'équipe Rallyes avec
le tandem Ragnotti-Andrié fait monter en température le coeur des
passionnés de Renault en remportant en groupe 2 le Rallye de Monte Carlo,
puis le championnat de France des rallyes en 1980 ! En 1980, La Renault 5 Alpine
évolue timidement avec l'adoption d'un alternateur à régulateur
incorporé. Pour sa dernière année de vie Renault dote sa
R5 Alpine d'un nouveau carburateur Weber double corps 32 DIR. En septembre, c'est
l'arrêt de la Renault 5 Alpine. Renault "booste" sa petite bombe
avec la Renault 5 Alpine Turbo et ses 110 ch. | >LES
SERIES SPECIALES RENAULT 5 ALPINE | >RENAULT
5 GORDINI - 03/2005
Suite aux différents regroupements et rachats
dans l'industrie automobile, c'est finalement PSA (via ex-Chrysler Group, ex-Roots,
ex-Sunbeam) qui détient la marque Alpine en Angleterre. Du coup, Renault
n'a jamais pu utiliser la marque "Alpine" en Angleterre, rebadgeant
ainsi sa 5 Alpine en "5 Gordini" !
|  | >RENAULT
5 ALPINE COUPE - 1977-81 La
version "Coupe" qui remplace les "LS Kit". Modifications apportées
à la "Coupe" : radiateur d'huile, pompe à essence électrique,
direction directe au rapport 17,5:1, amortisseurs spéciaux, disques de
freins ventilés à l'avant, disques pleins arrière, couple
conique au rapport 8x33...
De bien belles bagarres sur la piste !
|  | >RENAULT
5 ALPINE LEOTARD 6 ROUES - 1980
Leotard, le spécialiste des transformations
en 6 roues proposait également une R5 Alpine : 165 Km/h, le coût
de la transformation de carrosserie et de mécanique de l'époque
était d'environ 40 000 francs (dans les années 80). >>Consulter
le site internet spécialisé sur les autos à 6 roues, cliquez
ici...
|  |
| >CHRONOLOGIE
RENAULT 5 ALPINE | 1972 | Le
28 janvier, la Renault 5 est officiellement dévoilée. Uniquement
livrable en trois portes dans un premier temps, elle laisse les observateurs sceptiques.
Pourtant avec 126 376 Renault 5 produites en 1976, on peut déjà
parler d'un véritable succès ! Son slogan publicitaire ? "Supercar"... | 1974 | En
avril, Renault démarre une première approche "sportive"
avec la version LS. Toutefois, son petit moteur 1289 cm3 développant 67
ne lui autorisant qu'une vitesse de pointe de 155 km/h laisse les amateurs sur
leur faim. C'est toutefois sur la base de la "LS" que Renault va développer
la future monture des pilotes en Coupe Elf pour remplacer la Renault 12 Gordini. La
Renault 5 est en tête des immatriculations en France. | 1975 | En
mars, Renault élargit sont offre sportive dans sa gamme 5 avec la "TS". La
coupe R5 Elf "LS kit" est remportée par Jean-Luc Rancon. | 1976 | En
mars, présentation officielle de la Renaut 5 Alpine. En Angleterre elle
est commercialisée sous le label "Gordini". En mai, Renault
commercialise la Renault 5 Alpine qui est construite à Dieppe dans les
locaux d'Alpine, suite au rachat du petit constructeur en 1971. La coupe R5
Elf "LS kit" est remportée par Yves Fremont. | 1977 | La
Renault 5 Alpine reçoit quelques modifications sur son tableau de bord
: ajout d'un manomètre de température d'huile et de pression d'huile.
Elle reçoit également des phares H4 en remplacement des optiques
mixtes montés jusqu'alors et des jantes alu au dessin très inspiré
repris ensuite par l'Alpine A310 V6. Commercialisation de la version "Coupe"
qui remplace les "LS Kit". Modifications apportées à la
"Coupe" : radiateur d'huile, pompe à essence électrique,
direction directe au rapport 17,5:1, amortisseurs spéciaux, disques de
freins ventilés à l'avant, disques pleins arrière, couple
conique au rapport 8x33... La coupe R5 Alpine Elf est remportée par
André Bourdon. | 1978 | Le
27 janvier, victoire au Monte-Carlo en groupe 2 Renault 5 Alpine (Ragnotti-Andrié) Renault
supprime le manomètre de température d'eau et ajoute une prise "diagnostique"
au moteur. Le 24 octobre, 1er en Groupe 2 au rallye du Bandama Renault 5 Alpine
(Ragnotti-Andrié) La coupe R5 Alpine Elf est remportée par Jean-Pierre
Lajournade. | 1979 | En
août, commercialisation de la version 5 portes. La coupe R5 Alpine Elf
est remportée par Eric Houdelekt. | 1980 | La
Renault 5 Alpine évolue timidement avec l'adoption d'un alternateur à
régulateur incorporé. La coupe R5 Alpine Elf est remportée
par Denis Derepas. La Renault 5 atteint plus de 16% de simmatriculations en
France. La Renault 5 Alpine est sacrée championne de France des Rallyes
avec Ragnotti-Andrié. | 1981 | Nouveau
carburateur Weber sous le capot de la R5 Alpine : Weber double corps 32 DIR. En
septembre, arrêt de la Renault 5 Alpine. Renault "booste" sa petite
bombe avec la Renault 5 Alpine Turbo et ses 110 ch. La coupe R5 Alpine Elf
est remportée par Francis Canal. | 1982 | La
Coupe Renault Elf est désormais courue avec des Renault 5 Alpine Turbo
"Coupe". | 1983 | Arrête
de la Renault 5 après 4.598.863 exemplaires produits. C'était vraiment
la "supercar" ! |
>Le
Guide des Sportives, retrouvez toutes les voitures
de sport Renault
sur le site Le
Guide des Sportives, le guide
des voitures de sport sur le net.
| >EN
MARGE DE LA SERIE... | | >RENAULT
5 ALPINE GROUPE 2
Contre toute attente, alors que le département
rallye n'est pas prioritaire à la Régie focalisée sur son
objectif des 24 Heures du Mans et du programme F1, la "petite" Renault
5 Alpine groupe 2, pilotée avec maestria par Jean Ragnotti-Marc Andrié,
va gagner le Monte Carlo en groupe 2 ! Un grand coup de chapeau à cette
équipe de passionnés... |
|